Myrddyn
Ma ronde
Je file, je trace
Des lignes et des traces
Je laisse des marques qui défilent
Dans les yeux de ceux qui me remarquent.
Je crie, je pleure
Des maux, des leurres
Je chuchote des fables
Aux yeux de ceux qui ouvrent leur cœur.
Dans ma ronde
Ils sont peu, ils sont pauvres, à danser main dans la main.
Dans mon cercle
Ils sont eux, ils sont autres, à penser que seul, on ne va pas loin.
Les réverbères aveuglent les pupilles migraineuses
Des fantômes de la décadence haineuse
Où l’on progresse chaque jour.
Mes semelles fondues par le bitume crasseux,
Trainent les talons péniblement vers ceux
Qui tiennent encore en vie au fond d’eux,
L’ardeur d’un feu.
Accoudée au hublot
D’une cabane de songe et d’illusion,
Dans une ville de fiction,
J’ai longtemps attendu le passage utopique du protecteur.
Et l’appui de fenêtre s’est effondré
Sous le poids destructeur de fantasmes philanthropes,
Une folie dans cette humanité.
J’ai touché des mirages
D’hommes aux allures angéliques,
Foutaise de la vie,
Morts sont les sages, aujourd’hui.
Tant pis pour ma ronde,
Et puis une fée, ça vole seule,
Bien au-delà de ce monde
Bien au- delà des fourberies d’humains qui finiront seuls.
Et puis des murs de songe et d’illusion,
Ça inonde le cœur de rêves pour se construire un bel horizon.
Seul Merlin verra la fée, voler dans sa forêt, ce matin.
Poème extrait du recueil "Valse Epistolaire"
de Cécile Degrave